vendredi 14 mai 2010

Come back la mélancolie, la douceur.

Camille Jourdy a été primée cette année à Angoulême pour le troisième opus de sa trilogie Rosalie Blum. J'ai découvert l'ambiance intimiste et loufoque qui émane de sa plume et de son pinceau grâce à la belle note de Patoumi. Puis Marie m'a fait ce beau cadeau.Les personnages que l'on croise au fil des pages et des trois tomes sont touchants de fragilité; ils se dévoilent peu à peu selon qu'ils sont les voyeurs ou les observés, les acteurs ou les spectateurs. J'ai aimé me promener dans ces pages au style un peu désuet, aux couleurs douces et y revenir souvent pour savourer les mille détails amusants, les expressions justes et étonnamment vivantes de cette foule de personnages.Il y a dans Rosalie Blum un contraste frappant entre l'apparence banale, ennuyeuse des personnages, à l'image de leur petite ville de province, et leurs imaginaires, leurs fantasmes, leurs aspirations saugrenues. Cette ambivalence m'a particulièrement touchée car j'y ai vu mon propre "jonglage" permanent entre ce qu'il faut être ou sembler être et ce qu'on aspire à être, à vivre en vrai (ce n'ai pas très clair, aussi j'espère que vous me suivez). Parfois seulement, les personnages de Rosalie Blum s'autorisent la bascule totale vers le n'importe quoi, tandis que d'autres gravitent uniquement à la marge de la raison ou de la société.Il s'agit aussi de l'ambivalence entre solitude et rapports familiaux et amicaux. Alors que la solitude frustre et entrave Vincent et Rosalie, elle ouvre l'imagination et les barrières mentales de la mère de Vincent. A contrario, Kolok a besoin de ses "muses" callipyges et dodues pour laisser libre cours à sa créativité. Si les rapports familiaux sont oppressants, voire délétères dans Rosalie Blum, le salut se trouve dans l'amitié. Amis avec lesquels les personnages se fondent une nouvelle famille, gaie, colorée, sincère.

Le trio d'amies autour d'Aude m'a tout particulièrement touchée. Voilà comment trois personnes aux horizons différents parviennent à s'enrichir, se compléter, se stimuler. Ce trio raconte qu'il est possible de se construire, de grandir et se révéler grâce aux idées tordues, aux moments silencieux, aux bouderies, aux accords parfaits, aux désaccords fracassants, à la solidarité intangible, aux coups dans le nez, à la pudeur et à la tendresse qui fondent l'amitié.

Pour perpétuer l'atmosphère cosy et la délicate mélancolie qui plane encore après avoir refermé le troisième tome, vous pourrez préparer un clafoutis aux mirabelles (ou aux cerises!) et siroter un thé légèrement fumé en pensant aux amis qui sont loin, à la famille qui, aussi folle soit elle, vous manque.


Clafoutis aux mirabelles
(recette plus qu'inspirée et entièrement adoptée de la Mangue)500g de mirabelles au sirop (ou de cerises donc)
250g de faisselle (0% ça marche aussi)
3 œufs
80g de farine
70g d'amandes (ou de poudre d 'amandes)
100g de sucre blond
3 càs de kirch (n'y dérogez pas je vous assure)
1 cc de jus de citron

Préchauffer le four à 190 °C.
Graisser un plat à four avec du beurre.
Séparer les blancs et les jaunes.
Faites blanchir les jaunes avec le sucre.
Ajouter le kirsch, la faisselle, la farine, et les amandes (réduites en poudre dans votre mixmix) en mélangeant bien entre chaque ingrédient.
Monter les blancs en neige ferme avec le jus de citron, et une pincée de sel.
Incorporer les blancs à la pâte.
Verser dans le plat et recouvrir avec les fruits.
Enfourner environ 50 minutes. Ça va gonfler comme un coussin, et sentir bon dans la maison.

6 commentaires:

  1. Ravi de vous lire à nouveau!
    Pour le clafoutis aux mirabelles, à moins d'en avoir des réserves en bocaux ou surgelées, il faudra atrendre août pour en faire, non? En revanche ça va bientôt être la saison des cerises, youpi!

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  2. Thomas M:
    Cher fan :)
    Il existe des fruits au sirop (marque Bayer je crois) que j'utilise sans vergogne en raison de leur qualité et du coût réduit que cela représente, Pic* fait aussi des mirabelles surgelées... Les cerises sont bel et bien dans les arbres mais encore super vertes ici! En attendant je repère les chemins à explorer bientôt assidument, hé hé.

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  3. Ben en tout cas ça donne vraiment envie....
    Et bientôt faudra aller chercher des coings !!!

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  4. Gaël: mais non souviens toi, c'est en septembre/octobre les coings!

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  5. ah oui c'est vrai !!!

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  6. Ah les cognassiers en fleurs de notre riante Lorraine...

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