vendredi 9 avril 2010

Itinéraire d'un enfant doué

Acte 1 : La naissance
Benjamin Biolay sort Rose Kennedy, rafle un succès d'estime et une victoire de la Musique.

Acte 2 : L'étincelle
Il écrit Négatif, chef d'oeuvre noir, troublant objet aux chants intrigants et entêtants. L'homme sur scène n'est pas très bon et a une gestuelle bien à lui mais le succès est là.

Acte 3 : La dolce vita
Paraît Home, création à quatre mains avec Chiara Mastroianni, un petit délice à écouter sur les routes, mais un échec commercial (malgré un mystérieux partenariat avec La Redoute).

Acte 4 : Les temps difficiles
Benjamin Biolay multiplie les affronts tant au niveau capillaire qu'à propos de ses collègues chanteurs (Bénabar et consorts ont pris cher mais comment vraiment lui en vouloir ? ). Il cultive autour de lui un joli parfum de soufre, publie A l'origine et Trash Yéyé.

Acte 5 : La consécration
Octobre 2009, La superbe arrive dans les bacs et réconcilie fans de la première heure et détracteurs, amateurs et initiés, Biolay et le succès.


Alors bien sûr, tout le monde a aimé, en a parlé, mais vraiment pour moi ce disque est un petit joyau.
Voici donc quelques arguments encore, cinq raisons nouvelles pour partir à la découverte de l' album.

Avec La superbe, vous pourrez :
1) Découvrir Valérie Donzelli dans "15 août". La réalisatrice et actrice du surprenant et coquin "La reine des pommes" fait la lecture délicate de la lettre de rupture.
2) Cultiver votre complexe d'Oedipe avec "Ton héritage".
3) Rendre hommage à votre électroménager, témoin silencieux et impuissant de nos vies dans "Brandt Rhapsodie".
4) Découvrir la poésie des noms de marques d'alcool et de médicaments, remèdes à la mélancolie, avec le plus beau d'entre tous, "le chasse-spleen un soir d'hiver".
5) Dire adieu avec "15 septembre" à une histoire d'amour que l'on n'aura pas vécue, juste effleurée.

Bonne écoute !

samedi 3 avril 2010

Les larmes de tarzan, ... et les patates à l'eau

[Un grand merci à Mathilde, c'est grâce à elle que j'ai pu dévorer ce livre. Si elle n'avait pas fait sa mamie quand elle est venue à Metz, je n'aurais pas pu m'adonner à cette lecture nocturne fébrile.]

Les larmes de Tarzan, c'est la rencontre fracassante entre Mariana et Janne.


Une femme mûre en slip panthère, aux "seins en oreilles de basset" et à l'allure peu soignée entre en collision avec un homme et le propulse à terre. Lors de ce choc, de cette rencontre, le nom de "Tarzan" s'impose mentalement à Janne. Leur histoire ne pouvait commencer autrement.

Voilà le genre de roman que vous achetez un peu parce que l'édition vous plait, beaucoup parce que vous trouvez le titre amusant, décalé... Et qui, sans prévenir, termine au palmarès de vos bonnes lectures du moment. Très bonne lecture même.

Le fait est que quand vous en lisez la première page, ça y est vous êtes mordus. Cette histoire tient en haleine, et c'est déjà beaucoup.

[Quand je dis que ça tient en haleine, j'ai conscience qu'on peut dire cela de pas mal de romans, y compris de fort mal écrits. Par exemple, Millénium, dont il sera question dans un billet à venir en mai. Wouah comme je sais trop vous tenir en haleine là! Revenons à nos moutons suédois... Oui, il est aussi suédois le bouquin, en dépit de ce que laisse supposer le nom de l'auteur (Katarina Mazetti)... Les larmes de Tarzan, n'est pas Millénium.]

Elle est pauvre, mère de deux enfants, et célibataire de fait - son mari s'est enfui, même s'il n'est pas tout à fait absent. Lui, Janne, est plein aux as et ne trouve pas de moyen satisfaisant et efficace pour dépenser son fric, ni de femme dont il soit tombé amoureux.

Thème rebattu de néo-Cendrillon, pourrait-on penser. Et pourtant c'est avec beaucoup de finesse, de gaieté que sont dépeints le quotidien affabulé de Mariana, ses bouts de ficelles pour s'en sortir, et la lassitude de Janne, et sa quête de sens.

Très beaux les passages narratifs de Bella, quand elle prend la plume, vous vous rendez compte que les efforts de Mariana pour endimancher un quotidien gris ne sont pas vains.

Et au terme de cette lecture, pas de menu somptueux, vous en conviendrez, mais un jeu d'appartement pour faire oublier aux enfants qu'ils ont faim quand les placards sont vides, ou - moins pathétique - quand vous avez la connerie comme Dav et moi l'autre soir.

Le frisbee d'appartement:
Deux joueurs ou plus

Pour tout matériel, il vous suffit d'utiliser des maniques rondes comme celles-là.
A mon avis, deux bérets, deux napperons au crochet de mémé, ou deux galettes de sarrasin* très rassies feront l'affaire.
Alors vous vous mettez aux points les plus éloignés de votre appartement, chaque joueur tenant une manique, et zou, la partie peut commencer!
(Heu vous connaissez le frisbee? Ben c'est pareil, mais pour corser le truc chaque joueur l'envoie simultanément à l'adversaire.)
On n'a même pas cassé l'orchidée, on a bien rit.
Si vous avez une bête à poils agile et joueuse ça peut encore ajouter en difficulté... Ou dans le noir avec des gilets fluorescents et des lampes frontales, ou ...

Et vous, quels sont vos jeux d'appartement? Ou vos jeux de quand vous avez la connerie?

* Remarquez ça peut constituer un repas ça...